Vaste escroquerie dans les opérations sur le marché de la téléphonie mobile ?

Le ministre des Postes et des NTIC, Daoussa Déby Itno (demi-frère du président Déby), a signé le 8 avril 2014 l’arrêté accordant la licence 3G et 4G à l’opérateur Airtel. Ni cette société ni le ministre n’ont souhaité communiquer le montant de l’opération comme s’il s’agissait d’un contrat portant sur un bien propre à Daoussa Déby. Une dissimulation du prix de vente inadmissible de la part d’un ministre de la République. Les Tchadiens ont le droit de savoir le montant engrangé par l’Etat à la suite de l’attribution des licences 3G et 4G.

En France par exemple, l’attribution de la licence 4G a rapporté à l’Etat 3,5 milliards d’euros. Les pouvoirs publics ont largement communiqué sur les prix proposés par les 4 opérateurs (Orange, Sfr, Bouygues, Free) candidats aux précieuses fréquences.

La transparence dans la gestion de la chose publique est un des attributs d’un Etat de droit. Les dirigeants tchadiens, à commencer par les proches d’Idriss Déby, doivent cesser de considérer la chose publique comme leur propriété privée.

S’agissant de la transparence, on se rappelle en effet qu’en 2012, le site internet de la présidence nous annonçait de façon pompeuse que « Le Tchad, à l’instar des autres Etats africains et de la planète est désormais connecté au réseau à fibre optique […] Le réseau à fibre optique … est aujourd’hui une réalité pour son utilisation à l’échelle internationale. Il est d’un coût global de 20 milliards de francs CFA entièrement financés sur fonds propres de l’Etat tchadien. »

Mais la vérité a fini par rattraper le gros mensonge des mafieux. La construction de la fibre optique à 20 milliards Fcfa, ce fut vraisemblablement une vaste escroquerie. Le 12 septembre 2013, l’agence de presse chinoise Xinhua rapportait que « seize mois après sa réception en grande pompe dans la capitale, la fibre optique n’est pas toujours accessible». Mais ce n’est pas tout. D’après l’agence Xinhua, au Tchad « l’accès à l’internet est cher et de mauvaise qualité ». Une réalité confirmée par le secrétaire général du ministère des postes et télécommunication qui déplorait qu’« avec un taux de pénétration d’internet de 1,9% en 2012, le Tchad reste significativement en dessous de la moyenne africaine qui est de 15,6% ».

Toujours dans le domaine des NTIC, M. Abdoulaye Sabre Fadoul, alors ministre des Poste et NTIC, déclarait en mai 2013, lors d’une réunion de travail avec les responsables de Sotel-Tchad que « Sotel-Tchad, en faillite depuis 2 ans, traine une dette de près de 20 milliards de FCFA » outre que « chaque mois, elle perd 400 millions de nos francs ».

Depuis le début de cette année, les pouvoirs publics ont décidé de lancer un processus de privatisation de cette société. Une nouvelle occasion pour les dirigeants de se sucrer sur le dos des Tchadiens ? Rappelons que Sotel-Tchad a déjà fait l’objet d’une première opération de privatisation en 2011 remportée par le Libyen Lap Green

Cela dit, avec des fréquences du dividende numérique 3G et 4G, les Tchadiens vont pouvoir accéder facilement au « très haut débit mobile » pour surfer sur les sites web depuis leurs téléphones portables et autres tablettes.

Bientôt, la navigation à la vitesse de l’escargot ne serait plus qu’un lointain et mauvais souvenir. L’emploi du conditionnel est ici un choix délibéré. Car dans ce pays, on nous a habitués à des effets d’annonce, pour ne pas dire à de l’enfumage destiné à masquer des détournements massifs de deniers publics.

Attendons de surfer avant de se réjouir.

© Tchadoscopie

Padaré : les raisons d’une disgrâce

Le 30 décembre dernier, Maître Jean-Bernard Padaré apprenait au journal de 20h de Télé-Tchad son remplacement à la tête du ministère de la Justice. Un limogeage sans préavis. L’annonce a d’ailleurs surpris tout le monde, l’ex-Garde des Sceaux étant considéré comme l’un des rares quadras faisant figure de caution intellectuelle du régime d’Idriss Déby.

Toute la nuit du 31 décembre, les spéculations sur les raisons de son éviction se sont multipliées. Maître Padaré aurait été victime sinon des humeurs changeantes du chef de l’Etat, du moins des « querelles fratricides », croyaient savoir certains internautes sur Facebook et Twitter sans toutefois nommer les supposés protagonistes de la guéguerre, ni même suggérer la nature de la fratrie en question (politique ou ethnique).

Le 2 janvier 2014, une dépêche de RFI abondait dans le sens d’un règlement de comptes fratricide, rapportant des propos recueillis auprès des proches du nouveau Premier ministre, Kalzeubé Pahimi Deubet, et de ceux de l’ex-ministre de la Justice, tous deux issus d’une même région totalement acquise à Déby : le Mayo-Kebbi. Les motifs invoqués par les prétendus proches paraissent toutefois manifestement insuffisants pour justifier l’éviction, dans des formes aussi humiliantes, d’un Nomenklaturiste comme J.-B Padaré.

Et voilà que l’explication de RFI n’avait pas encore fini d’étonner les observateurs par sa naïveté que le premier ministre a choisi de la démentir par la signature d’un arrêté de nomination de l’ex-Garde des Sceaux au poste de Conseiller spécial à la Primature. Il s’infère nécessairement de ce geste que la rivalité supposée entre K. P. Deubet  et J.-B Padaré pour plaire à Déby n’est pas à l’origine du limogeage du juriste de sa majesté.

Tchadoscopie a mené l’enquête.

 Le délateur anonyme

Le 7 décembre 2013, la rédaction de Tchadoscopie recevait un courriel d’un certain T. M (initiales seulement) qui nous demandait de rédiger un commentaire sur les implications de l’article 10 de l’accord de coopération judiciaire entre le Sénégal et le Tchad. Cet accord relatif à l’affaire Habré a été signé le 3 mai 2013 par Aminata Touré et J.-B Padaré, alors Gardes des Sceaux respectifs des deux pays. Seul l’extrait suivant du fameux article 10 était mentionné dans le courriel : « sur la demande du Sénégal, toute personne se trouvant au Tchad peut être citée à comparaître conformément à la législation du Tchad pour déposer devant l’autorité compétente, qui pourra être le magistrat des Chambres africaines extraordinaires exécutant une commission rogatoire sur le territoire de la République du Tchad ». L’enrichissement typographique (caractères gras) était de l’auteur du courriel. Celui-ci insinuait en conséquence que la disposition en question autoriserait les magistrats des Chambres africaines extraordinaires (CAE) à auditionner Idriss Déby de « gré ou de force » (sic). Il en conclut qu’il s’agissait d’une « bourde monumentale de Jean-Bernard Padaré » (sic), lequel, de « connivence certaine avec les ADH, [aurait] signé les yeux fermés un accord scellant le sort du chef de l’Etat » (sic).

Il s’avère qu’à la même époque la commission rogatoire des CAE avait installé ses quartiers au Tchad du 30 novembre au 22 décembre 2013 pour auditionner victimes et témoins présumés. Ont été auditionnées 797 personnes en qualité de parties civiles et 14 personnes en qualité de témoins.

Le magistrat en charge de l’Instruction des CAE, accompagné d’experts en anthropologie médico-légale, a par ailleurs procédé à l’identification des sites supposés abriter des charniers (Moundou, Koumra et Sarh, Mongo et Bitkine, Hamral-Goz et Dougui Allaye). Énormes frayeurs  donc au sein du régime.

Mais pour procéder à l’analyse demandée, il était nécessaire de pouvoir accéder à l’intégralité de l’accord dont est issu le texte. N’étant pas disponible sur internet, et T. M. ne nous l’ayant pas fourni sous prétexte de problèmes de connexion à N’Djamena avec « une vitesse de téléchargement digne d’une balade d’escargot » (sic), le commentaire n’a pu être fait.

Le limogeage inattendu de Jean-Bernard Padaré nous a alors mis la puce à l’oreille. Nous avons lancé une demande sur Twitter pour obtenir une copie de l’accord de coopération judiciaire. M. Reed Brody ne s’est pas fait prier pour nous envoyer, dans les minutes qui suivaient, une copie intégrale de la version originale scannée.

L’accord de la discorde

S’agissant d’un accord bilatéral entre Etats souverains, il est de bon aloi de commencer par en examiner les dispositions finales pour en vérifier la solidité. Les dispositions de son article 27.4 sont sans ambiguïté : « l’une ou l’autre des Parties peut dénoncer le présent Accord par notification écrite. La dénonciation de l’Accord prend effet six mois après la date à laquelle elle aura été reçue par l’autre Partie ». Voilà qui a le mérite d’être clair. A tout moment, le Tchad peut mettre unilatéralement fin à cet accord sans motif, a fortiori s’il a des raisons de penser que les intérêts supérieurs de la Nation sont susceptibles d’être menacés par une application trop rigide de la part de l’Etat sénégalais. Il en résulte que contrairement à l’analyse de T.M, le sort d’aucun Tchadien, (accusé, victime ou témoin) n’est « scellé » par cet accord.

Pour ce qui est de l’article 10.1 intitulé « Témoignage au Tchad », il prévoit effectivement que « sur la demande du Sénégal, toute personne se trouvant au Tchad peut être citée à comparaître conformément à la législation du Tchad pour déposer… ». Le texte n’instaure aucune hiérarchie ni ne fait aucune distinction entre les témoins susceptible d’être cités à comparaître. L’expression « toute personne » implique  nécessairement tous ceux qui ont collaboré avec Hissein Habré dans le cadre de la DDS. Dès lors Idriss Déby pourrait théoriquement être cité à comparaître en qualité de témoin devant le magistrat instructeur des CAE.

Et si d’aventure le chef de l’Etat refuse de comparaître, l’article 10.3 de l’accord prévoit que « les autorités requises devront user des moyens de contraintes prévus par la loi de l’Etat où doit avoir lieu la comparution ». C’est sans doute le texte qui a semé la panique dans la basse-cour de Déby. Panique pourtant injustifiée. D’une part, en effet, on ne voit pas à l’heure actuelle qui est capable  au Tchad d’user de moyens de contraintes légaux pour faire parler Idriss Déby. D’autre part, s’agissant du témoignage sur le sol sénégalais, l’article 11.3 de l’accord prévoit une « comparution volontaire […] sans recours à des mesures d’intimidation ou de coercition ». Enfin,  en septembre 2013, le chef de l’Etat lui-même s’est dit prêt à témoigner devant les CAE : « Il faut dire les choses clairement. J’ai travaillé avec Hissein Habré. Si les magistrats veulent m’écouter, je suis disponible » s’est-il alors exclamé.

La question se pose donc de savoir qui, parmi ses juristes charlatans, a pu encore faire croire à Idriss Déby que l’accord de coopération judiciaire « scellait son sort » ?

Encore qu’il serait particulièrement imprudent de la part des CAE de recueillir un quelconque témoignage d’Idriss Déby qui ne peut qu’être subjectif et à charge contre Hissein Habré, étant par ailleurs précisé que le procès de l’ex-chef d’Etat est en partie financé par l’Etat tchadien. Drôle de justice impartiale, ces CAE !

Mais il y a plus.

Padaré est-il de mèche avec les associations de défense des droits de l’Homme ?

Dans son courriel, le correspondant anonyme accusait l’ex-Garde des Sceaux d’être de « connivence certaine avec les ADH.. » pour piéger Idriss Déby. Accusations fondées sans doute sur des soupçons. En effet, J.-B Padaré, avocat de son état, est par ailleurs membre de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme, une organisation qui soutient les victimes présumées de l’affaire Habré. En outre, un article paru sur le site Zoomtchad en juin 2013 révélait que J.-B Padaré « a offert, à plusieurs reprises, ses services pour être une taupe à N’Djamena, au service de la défense du président  HH ». Dans ces conditions, il est incontestable que tous ses faits et gestes soient scrupuleusement passés au crible par les limiers de l’ANS pour en dégoter le moindre indice de trahison.

Mais il faut plus que de l’audace pour un ministre du régime pour tenter astucieusement de livrer Déby à la justice. Encore faut-il que la Justice sénégalaise, créée presque à la demande du maître du Palais rose, en manifeste sérieusement le souhait par des actes concrets.

Pour l’instant, Idriss Déby n’est pas directement mis en cause. L’article 17.3 des statuts des CAE rappelle que « l’action publique ne peut être mise en mouvement que par le ministère public près les Chambres africaines extraordinaires ». Le réquisitoire introductif du Procureur général près les CAE (nommé par le Président de la Commission de l’Union africaine), cite nommément des personnes. Il ne vise pas Idriss Déby.

Et le principal acteur du procès, M. Reed Brody, porte-parole de Human Rights Watch, a déjà exclu Déby du champ de l’enquête. Ne disait-il pas dans une récente interview que « Si vous parlez aux anciens de la DDS, si vous regardez les documents de la DDS, vous ne verrez jamais, jamais, son nom. Nous, nous avons des milliers de documents de la DDS, et le nom de Idriss Déby n’y figure nulle part » ?

Le magistrat chargé de l’Instruction des CAE ne peut décider d’investiguer au-delà des limites du réquisitoire. S’il a la faculté, conformément à la loi sénégalaise, de procéder à tout acte d’information qu’il juge utile à la manifestation de la vérité, il ne peut néanmoins déléguer par commission rogatoire plus de pouvoirs qu’il n’en a lui-même. Une commission rogatoire ne saurait porter sur d’autres faits que ceux sur lesquels porte l’information. Le cas échéant, le Procureur général prendra un réquisitoire supplétif permettant au juge d’Instruction d’étendre son champ d’investigation. Pour autant, vu les conditions dans lesquelles est instruite l’affaire Habré, il est peu probable que Déby fasse l’objet d’une quelconque procédure sur la base de l’accord de coopération judiciaire entre le Sénégal et le Tchad signé le 3 mai 2013.

Les ex-Gardes des Sceaux souffrent-ils d’une crise d’ego ?

Le limogeage de J.-B Padaré aurait, enfin, selon quelques indiscrétions, sa source dans les mauvaises relations que celui-ci entretiendrait avec Abdoulaye Sabre Fadoul.

Le premier, avocat chevronné, a le verbe facile. On l’a vu s’exprimer aisément devant les journalistes des chaines de télévision tchadienne, françaises, sénégalaises, etc. Imbu de lui-même, il est, avec le ministre de la communication, Hassan Sylla Bakari, l’un des deux quadras du régime particulièrement appréciés d’Idriss Déby pour leur bagou. Même s’ils débitent des sottises, le chef est satisfait.

Le second, Abdoulaye Sabre Fadoul, bien que titulaire d’un doctorat en Droit public d’une Université parisienne, a été raillé par les magistrats et avocats pour ses méthodes brutales et ses carences en matière de procédure pénale (considérée comme le cœur du droit répressif dont tout juriste qui se respecte doit en connaître au moins les rudiments). On se souvient que dans une lettre ouverte au chef de l’Etat datée du 28 février 2013, soit quelques semaines avant son remplacement par J.-B. Padaré, le Barreau du Tchad dans son ensemble a fait part à Idriss Déby de nombreux « dysfonctionnements » et dénoncé « les agissements exécrables » d’Abdoulaye Sabre Fadoul qui, selon eux, « ternit l’image de la Justice ».

Son éviction, suite à cette offensive des auxiliaires de Justice, est considérée comme une déclaration de guerre. Pire, son remplacement par un ancien avocat, dont le cabinet est toujours fonctionnel, est vécu comme une humiliation. Depuis, A.- S Fadoul semble avoir en aversion toute personne portant la robe d’avocat ou de magistrat. Suffisant pour que, parmi ceux qui les ont successivement connus à la Chancellerie, d’aucuns soupçonnent dans le limogeage de J.-B Padaré un coup fourré des proches de  l’actuel ministre secrétaire général du gouvernement.

En éjectant J.-B Padaré du fauteuil du ministre de la Justice, Idriss Déby voulait-il réellement mettre un terme à une guéguerre froide entre deux juristes à l’ego surdimensionné ? Possible.

Mais il doit quand même se préparer à répondre, tôt ou tard, devant la Justice tchadienne des actes qu’il a commis de 1982 à 2013 (pour l’instant).

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Mahamoud Adam Béchir, un ambassadeur putatif dans une belle bâtisse

im_06_11_2013_64 milliards de francs Cfa. C’est le coût (prix) des murs et mobiliers de l’ambassade du Tchad à Pretoria, la capitale Sud-africaine, que le président Idriss Déby a inaugurée mercredi 6 novembre. Autant dire que c’est l’ambassade du Tchad la plus chère au monde. D’après les journalistes du palais, « elle est située dans le quartier Waterkroof, une zone résidentielle qui regroupe plusieurs ambassades, notamment celle des Etats-Unis, France, Chine et du Qatar ».  En somme, un quartier de grand standing où résident et se côtoient les représentants des puissances militaires et financières mondiales.

Rien donc de plus normal pour le Tchad, richissime pays pétrolier aux yeux de son président, de surcroît récemment admis dans le « cercle très fermé » des pays élus au Conseil de sécurité des Nations unies. Nul ne peut sérieusement le suspecter de vouloir péter plus haut que son cul.

 Tout est transparent, jusqu’à l’inauguration de « la belle bâtisse » en présence du très honnête Dr Mahamoud Adam Béchir, pourtant définitivement rappelé par décret présidentiel depuis que l’affaire de sa corruption par Griffith Energy a été dévoilée par la justice canadienne, mais qui est toujours considéré comme « ambassadeur du Tchad en Afrique du Sud » par les journaleux de la présidence. On rappelle que le sombre personnage a été remplacé par Nagoum Yamassoum et que, pour être de nouveau nommé Ambassadeur du Tchad au pays de Madiba si bon semble à Idriss Déby, c’est seulement à la condition que le président prenne un nouveau décret pour le désigner à la place de Nagoum Yamassoum, nommé à la tête du Conseil constitutionnel.

Mais rassurez-vous, tout va bien au Tchad. Déby n’a pas oublié de prendre un décret pour remplacer Nagoum par Adam Béchir, tout comme il n’a jamais signé un décret pour gracier les condamnés de l’affaire dite de l’Arche de Zoé. Le droit et les procédures sont parfaitement respectés. Nos experts juristes et autres administrateurs formés dans les plus grandes universités de Droit et Ecoles d’administration veillent au grain.

Et ne vous avisez surtout pas d’accuser de détournement le Dr Mahamoud Adama Béchir qui en a réalisé l’acquisition à 4 milliards Fcfa avec l’argent du contribuable tchadien. N’allez pas non plus le soupçonner d’un possible détournement de « la belle bâtisse de 5000 m• » pour ses activités personnelles dans le cadre d’une nouvelle « ambassade du Tchad LLC », du nom de sa société de Consulting aux USA qui lui a permis d’empocher la rondelette somme de 2 millions de dollars de la part de Griffith Energy.

Pendant ce temps, le Tchad fait toujours partie des pays les plus pauvres au monde où le taux de mortalité infantile est l’un des plus alarmants et où ses dirigeants sont contraints d’aller se soigner au Cameroun voisin faute de médecins compétents et de plateaux techniques adaptés. Et c’est toujours grâce aux aides extérieures que les populations urbaines et rurales abandonnées à leur triste sort ont pu bénéficier durant la période 2008-2013 de forage de 4.700 puits pour l’accès à l’eau potable, des construction, réhabilitation et équipement de 18 hôpitaux et plus de 50 salles d’opérations, ainsi que le bitumage de 839 km de routes réalisés par l’Union européenne.

Les richesses du Tchad appartiennent à Déby, sa famille et leurs amis. Les pauvres peuvent continuer à tendre la sébile et récolter les miettes de l’assistance publique internationale. Le Tchad de la Renaissance, c’est cela. Faut-il vous faire un dessin pour le comprendre ? What else ?

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Thèmes et commentaires

Nagoum Yamassoum n’ira pas en Afrique du Sud

L’ancien Premier ministre, titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université de Bordeaux (France), vient d’être nommé à la tête du Conseil constitutionnel. Il remplace à ce poste l’indéboulonnable Houdeingar David, un ancien collègue de l’Université de N’Djamena, tête pensante du régime MPS qui préfère la discrétion au tohu-bohu médiatique des tonneaux vides qui sillonnent l’Afrique et l’Europe sans générer la moindre valeur ajoutée à la politique du régime.

Nagoum Yamassoum (NY) au Conseil constitutionnel, c’est beaucoup mieux que l’Afrique du Sud où le Sultan Idriss Déby a décidé de l’y envoyer au début du mois d’août 2013, en tant qu’ambassadeur en remplacement du mafieux  Mahamoud Adam Béchir, éclaboussé par les révélations sur l’affaire Griffith Energy.

Cette nomination en qualité d’ambassadeur avait d’ailleurs étonné les observateurs de la scène politique d’autant plus que NY a été Premier ministre de 1999 à 2002. Il n’est pas dans la tradition politique qu’un ancien chef de gouvernement soit réduit à exercer en tant que Diplomate, de surcroît s’il a déjà occupé le poste de ministre des Affaires étrangères.

Son Excellence Mahamoud Adam Béchir, démis de ses fonctions depuis le mois de février 2013,  continuera donc à jouir des avantages liés aux fonctions d’Ambassadeur en Afrique du Sud tant que le Président Idriss Déby n’aura pas décidé de nommer un nouvel Ambassadeur en lieu et place de Nagoum Yamassoum, lequel n’aurait jamais occupé ses fonctions de plénipotentiaire.

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L’ours de Presse-Hangaabi

Directeur de la Publication : Mustapha B. Hattaby | Rédaction : Chroniqueurs bénévoles et Mustapha B. Hattaby