Militaires disparus : Vers la levée de l’immunité parlementaire de Saleh Kebzabo et Gali Ngothé ?

Selon une dépêche du journaliste Eric Topona, le Bureau de l’Assemblée Nationale vient d’autoriser l’audition de Saleh Kebzabo et Gali Ngothé Gatta par les autorités judiciaires dans le cadre de l’ouverture d’information consécutive aux rumeurs persistantes, au lendemain de l’élection présidentielle, faisant état de disparition de militaires qui n’auraient pas voté pour Idriss Déby.

L’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale est obligatoire lorsqu’un député est susceptible de faire l’objet de poursuites pénales pour des faits commis pendant le mandat mais sans rapport avec l’exercice dudit mandat.

Mais je précise immédiatement que les deux députés ne sont pour l’instant pas poursuivis pour avoir commis une quelconque infraction de nature pénale. Le procureur souhaite les auditionner en qualité de « témoins » dans l’affaire des militaires disparus.

D’ailleurs, dans une interview accordée récemment à Jeune Afrique, Saleh Kebzabo a réaffirmé que : « on est toujours sans nouvelles d’une vingtaine d’autres. J’ai, pour ma part, parlé avec des militaires qui disent avoir été détenus pendant plusieurs jours dans l’enceinte de la présidence. Jusqu’à 72 personnes y auraient été retenues. L’un d’eux m’a raconté comment ils étaient laissés là, sans boire et sans manger, et comment il était parvenu à s’échapper. Un autre m’a affirmé avoir vu plusieurs morts, quatre ou cinq. Mais c’est vrai que je ne suis pas en mesure de communiquer un bilan précis ».

http://www.jeuneafrique.com/…/tchad-saleh-kebzabo-empecher…/

Le député aura donc peut-être des renseignements précieux à livrer à la justice sur les disparitions présumées.

L’autorisation du Bureau de l’AN a été donnée suite au refus de Saleh Kebzabo et Gali Ngothé Gatta de déférer à la convocation du procureur de la République du 20 juillet 2016 sur le conseil de leur avocat qui a brandi leur « immunité parlementaire ».

J’ai néanmoins peine à croire que des injonctions fermes venant d’en haut n’aient pas été à l’origine des promptes diligences du Bureau de l’Assemblée Nationale qui, comme on le voit, s’exécute à bride abattue, contrairement à son habitude.

Il reste à savoir si Saleh Kebzabo et Gali Ngothé seront autorisés à rentrer chez eux une fois franchi le seuil de la porte du bureau du procureur ou seront-ils placés sous mandat de dépôt au moins jusqu’au 8 août 2016. Cette dernière hypothèse n’est pas à écarter vu la détermination du député et de ses amis à s’opposer à l’investiture du président réélu.

Dans un passé récent deux députés ont été jetés en prison en dépit des principes gouvernant leur inviolabilité.

L.A

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

L’ours de Presse-Hangaabi

Directeur de la Publication : Mustapha B. Hattaby | Rédaction : Chroniqueurs bénévoles et Mustapha B. Hattaby

%d blogueurs aiment cette page :