Réélection présidentielle : Samir Adam Annour anéantit le rêve de Kébir Mahamat Abdoulaye

Chronogramme électoral : la Cour suprême se débine

12605456_956238481095982_2584898747233168011_oKebir Mahamat Abdoulaye va-t-il se retirer de la course à la présidentielle de 2016 ? Tout porte à croire que le premier citoyen à avoir annoncé sur Facebook sa candidature à la magistrature suprême ne sera pas dans les starting-blocks le 10 avril prochain.

Dans un message publié hier sur internet, le candidat annoncé à la présidence de la République informe l’opinion que sa requête dirigée contre une délibération de la CENI portant adoption du chronogramme du scrutin présidentiel a été déclarée irrecevable par la Cour Suprême au motif qu’il ne jouit pas encore de la « qualité de candidat » pouvant lui ouvrir le droit de saisir l’instance suprême.

Pour comprendre le contexte de la réclamation de Kébir Mahamat Abdoulaye, il faut savoir que les articles 63 de la Constitution et 129 du code électoral prévoient que « les candidatures à la Présidence de la République sont déposées auprès du Conseil Constitutionnel quarante (40) jours francs au moins et soixante (60) jours francs au plus avant le premier tour du scrutin ».

L’article 134 du même code électoral, reprenant l’alinéa 2 de l’article 63 de la Constitution, énonce que « le Conseil Constitutionnel, après s’être assuré de la régularité des candidatures, arrête et publie la liste des candidats trente (30) jours avant le 1er tour du scrutin ».

Or, par une délibération n°001/CENI/2016 rendue public le 23 janvier 2016, la CENI a adopté un nouveau chronogramme du scrutin présidentiel prévoyant :

  • la distribution des cartes biométriques du 20 mars au 8 avril 2016
  • le déroulement du premier tour de l’élection présidentielle le 10 avril 2016

Le premier tour du scrutin étant fixé au 10 avril 2016, il en découle deux conséquences :

  • toutes les déclarations de candidature doivent impérativement être faites au plus tard le 29 février 2016 à minuit ;
  • le Conseil constitutionnel est tenu d’arrêter et de publier la liste des candidats remplissant les conditions d’éligibilité au plus tard le 10 mars 2016.

Il va sans dire que le chronogramme de la CENI constitue, ainsi que l’avait immédiatement relevé Kébir Mahamat Abdoulaye, un obstacle majeur à la recevabilité des candidatures indépendantes. Désormais autorisées, les candidatures indépendantes sont en effet soumises aux conditions générales d’éligibilité (nationalité, âge, santé, moralité, résidence…) prévues par les articles 62 de la Constitution et 127 du code électoral et à une condition supplémentaire de 10.000 parrainages de citoyens détenteurs de la « carte électorale biométrique » prévue par l’article 132 du Code électoral.

L’incohérence dénoncée n’est pas liée à l’obtention des 10.000 signatures des citoyens que Kébir Mahamat Abdoulaye, qui compte rien que sur Facebook plus de 5000 amis, pourrait réunir sans la moindre difficulté. C’est la date du début de distribution des cartes biométriques qui constitue un obstacle insurmontable au dépôt des candidatures indépendantes.

La CENI fixe au 20 mars 2016 le début de la distribution des cartes électorales biométriques. La validité des parrainages est subordonnée à la détention desdites cartes électorales. Or, toute déclaration de candidature, accompagnée de la liste des 10.000 parrainages valides, doit être faite auprès du Conseil constitutionnel au plus tard le 29 février 2016, soit 20 jours avant la date du début de distribution des cartes biométriques. D’où « l’incohérence » dénoncée légitimement par Kébir Mahamat Abdoulaye.

Il n’est nul besoin de s’arracher les cheveux outre mesure pour savoir si le chronogramme contesté de la CENI est en conflit flagrant avec le calendrier électoral tel qu’il est prévu par la Constitution et par la loi électorale. Aucune candidature indépendante ne devrait être déclarée recevable dès lors qu’à la date de clôture des déclarations (29 février) la CENI n’aura pas encore commencé à distribuer les cartes électorales.

La situation ubuesque dans laquelle se retrouvent les candidats indépendants peut être résumée de la manière suivante : « on vous dit que vous devez être sur la liste des voyageurs obligatoirement le 29 février 2016 muni de votre passeport mais une décision vient dire que le passeport vous ne l’aurez que le 20 mars 2016. Or, pas de passeport, pas d’inscription le 29 février sur la liste des voyageurs. » Vous devez renoncer !

Pourtant, les difficultés liées à l’établissement desdites cartes sont  prévues par les dispositions transitoires de la loi du 25 août 2015 portant code électoral qui rappellent que : « Au cas où l’établissement des cartes biométriques devient irréalisable dans les délais, les prochaines élections seront organisées sur la base du recensement classique avec des cartes d’électeurs ordinaires » (art. 192 du code électoral).

Les 10.000 parrainages ne devraient donc pas être soumis à la condition de détention de la carte biométrique que la CENI n’est pas capable de distribuer dans les délais légaux !

La Cour Suprême (je ne suis pas certain qu’elle soit la juridiction compétente en matière d’élection présidentielle. – Cf. art. 161 de la Constitution) saisie par Kébir Mahamat Abdoulaye a refusé de statuer sur les mérites de la requête. Par une ordonnance rendue le 18 février 2016, truffée d’incorrections formelles (pas très sérieux de la part de la plus haute juridiction du pays), le premier président de la Cour Suprême a cru pouvoir se borner à souligner que : « considérant selon le chronogramme des élections présidentielles que la publication de la liste définitive des candidats retenus aura lieu le 10/03/2016 ; qu’ainsi nul ne peut avoir la qualité de candidat à l’élection présidentielle avant la décision du Conseil constitutionnel ». Il en tire la conclusion « que Kébir Mahamat Abdoulaye n’a pas qualité pour saisir la Cour suprême ».

Une hérésie juridique, en effet !

Vous l’aurez sans doute noté, l’ordonnance du premier président de la Haute juridiction ne vise aucun fondement de nature à valider son assertion selon laquelle « Nul ne peut avoir la qualité de candidat avant la décision du Conseil constitutionnel ».

Une affirmation péremptoire qui scelle néanmoins définitivement le sort de Kébir Mahamat Abdoulaye et celui de tout autre candidat indépendant dès lors qu’aucune voie de recours au niveau national n’est ouverte contre les décisions de la plus haute juridiction du pays.

Pourtant, aucun texte ne subordonne la contestation d’une délibération de la CENI à la justification de la « qualité de candidat à la présidence reconnue par le Conseil constitutionnel ». Cette délibération étant une décision administrative susceptible d’affecter la sincérité du scrutin, tout citoyen, en particulier tout électeur, a qualité pour la contester devant la juridiction administrative.

L’ordonnance d’irrecevabilité est fortement contestable.

Il ne reste plus qu’à espérer que le Conseil constitutionnel, qui doit être rendu destinataire de tous les actes préparatoires (dont le fameux chronogramme) à l’élection adoptés par le Gouvernement et la CENI, rétablisse l’égalité entre citoyens. Le Tchad est, paraît-il, un Etat de droit. Nous faisons donc confiance à nos juridictions.

Par L.A

Presse Hangaabi

Lire l’ordonnance du 18 février 2016

12767446_969744253078738_1179156400_n 12767398_969745259745304_96363421_n

Opération ville morte : NDjamena a agonisé

Des dizaines d’images postées sur facebook et tweeter montrent des rues de N’Djamena quasiment désertes ce mercredi 24 février 2016.

L’opération « ville morte » initiée par le mouvement « ça suffit » regroupement plusieurs associations de la société civile a été largement suivie. Des N’Djamenoises et N’Djamenois, qu’on ne pourrait sérieusement affubler de l’étiquette « opposant », ont confirmé que le mot d’ordre lancé par « ça suffit » a été plutôt une réussite.

 

Selon une dépêche de l’AFP : « Marchés déserts, boutiques fermées, circulation réduite : les Tchadiens ont largement suivi mercredi, à N’Djamena comme en province, le mot d’ordre « ville morte » de la plate-forme « Ca suffit » demandant le départ du président Idriss Deby Itno, qui veut se présenter pour un 5e mandat après 26 ans de pouvoir. Dans la capitale tchadienne, comme lors d’un jour férié, les deux grands marchés sont restés déserts, a constaté l’AFP.

Toutes les boutiques à travers la ville sont restées fermées, les élèves des lycées et collèges n’ont pas été en cours, la circulation des voitures et des motos-taxis était réduite.

Seules les banques et certaines sociétés privées étaient ouvertes dans le quartier administratif. Dans les ministères, plusieurs départements ont fonctionné au ralenti.

Ce mouvement anti-Deby, lancé du matin jusqu’à 13H30 locales (12H30 GMT), a été aussi bien suivi en province.  

A Moundou, la deuxième ville du pays, il a même été « totalement suivi », selon un habitant joint au téléphone par l’AFP. « Même les motos-taxis ne circulent pas. C’est  vous dire que ici, à Moundou, nous avons très bien respecté la ville-morte », a-t-il affirmé.

 A Mao, dans le nord- ouest du pays, le marché hebdomadaire du mercredi a été fortement perturbé, selon un habitant.

Selon le porte-parole de la plate-forme « Ca suffit », Mahamat Nour Ibedou, le mot d’ordre a été également suivi dans les villes de Sarh (sud), Abéché (est) et Mongo (centre).

« Le mot d’ordre a été globalement très bien suivi et cela démontre que la population a pris conscience qu’elle peut exercer ses droits démocratiques », a-t-il déclaré à l’AFP.

 « Cela traduit un ras-le-bol général, c’est la preuve évidente que le peuple rejette la candidature de Deby », a-t-il ajouté.

 

Un premier test en vue de la prochaine présidentielle ?  Un appel du mouvement « ça suffit » à voter pour un parti de l’opposition causera sans nul doute d’énormes dégâts dans le camp présidentiel.

Idriss Déby et ses ministres, tel ce Ahmat Mahamat Bachir qui a perdu tout sang-froid depuis quelques jours, doivent tirer les leçons de la colère populaire exprimée pour corriger leur comportement.

Le mépris, l’arrogance et le mensonge ont aussi des limites.

 

 

Par Hangaabi avec AFP

 

 

12748053_221886768159485_5031315375462212712_o 12105840_975636419195931_2081645192831398233_n 12779185_619113874903962_6481785948525461053_o 12742695_10153611141599398_8966533622200739902_n 12733441_10153611141804398_5416652719820176013_n 12745759_10153611141814398_1572958659187316907_n 12745499_944268538992400_2450636250309127196_n 12418916_221886761492819_1651599486133553624_o 12524265_975636495862590_5390640450633234121_n

Réélection 2016 : les urnes ou les armes, faites votre choix !

En avril prochain, le rêve d’alternance tournera court.  Pile ou face, Idriss Déby gagnera. Tous les autres candidats, aussi bien ceux investis par un parti politique que ceux soutenus par 10.000  électeurs,  n’auront qu’un seul et unique choix à faire : accepter démocratiquement leur défaite. Qu’ils ne s’avisent pas d’aller trop crier à la fraude. Bien au contraire. Ils devront se déclarer vaincus, se montrer fair-play et remercier les mini quotas d’électeurs (entre 1% et 6%) que la CENI aura bien voulu leur accorder. Lot de consolation pour avoir fait primer la démocratie. C’est plus qu’un simple comportement attendu d’eux. C’est une obligation morale qu’ils devront respecter.

Un homme averti sait parfaitement à quoi s’attendre.

Le Général de corps d’armée, encensé par la presse internationale et soutenu par la clique à François Hollande depuis son intervention au Mali, a prévenu l’opinion et ses éventuels adversaires que cette élection sera remportée par les urnes ou imposée par les armes, l’intérêt supérieur de la Nation en dépendrait.  Il y a six mois, d’une voix assurée du potentat qui ne doute plus de rien parce que se sachant soutenu par des puissances étrangères décomplexées, Idriss Déby a lancé à la surprise générale, manifestement feinte : « quitter le pouvoir pour laisser le pays dans le désordre, non. C’est une responsabilité historique ».  C’était le 11 août 2015 à Abéché, face aux cameras de plusieurs chaînes de télévisions nationales et africaines réunies pour la circonstance sous l’air frais d’un arbre imposant planté au milieu de la cour d’une résidence d’Etat.

Les moins ambitieux de nos politiques ont intégré la leçon. Parmi eux, Pahimi Padacké Albert.  Candidat malheureux en 2011 et potentiel candidat jusqu’au début de ce mois de février 2016, le transfuge de Viva Rndp est fatigué de subir des défaites humiliantes. Il a préféré s’avouer d’avance vaincu. Il ne sera ni le Mitterrand ni le Wade tchadien. Le Tchad n’est pas le Sénégal. Il n‘a rien de comparable à la France. C’est évident. Chez nous, autant qu’ailleurs, il y a eu plusieurs alternances. Mais chez nous, plus qu’ailleurs, les alternances se font par les armes : Tombalbaye, Malloum, Choua, Goukouni, Habré, Déby.  4 potentats  et 1 intérimaire, une sorte de Catherine Samba Panza avant l’heure, qui n’ont jamais affronté personne aux urnes.  Et enfin 1 démocrate totalitaire qui, plus de force que de gré, se succède à lui-même depuis plus de deux décennies.

Pahimi Padacké Albert ayant fait reddition, c’est un « immense petit candidat » en moins à affronter. Arrivé deuxième en 2011, la CENI lui a gracieusement accordé 6% des suffrages exprimés. Ajoutés aux 88% de Déby lors du même scrutin, l’éternel candidat à sa propre succession frise le plébiscite. 94%. C’est le chiffre que retiendra la CENI pour 2016. Les candidats restant se partageront le solde des suffrages, savoir 5,99%. La démocratie totalitaire est sauve !

Réélu ‘‘démocratiquement’’ en avril 2016, Idriss Déby, le père de la démocratie, l’artisan de la Renaissance, le Sauveur du Mali, l’Exterminator des kamikaze, le Hulk du désert,  le Toretto du cheval, le 007 du terrorisme en Afrique… ne laissera personne « semer le désordre dans ce pays » qu’il a dans la peau, cette terre natale qu’il adore plus que tout, cette nation déchirée qu’il a rafistolée à son corps défendant après tant d’années de lutte contre « les forces du mal ». Il en garde encore les stigmates dans la chair. C’est donc avec une assurance certaine qu’il a réaffirmé sa détermination à lutter contre ceux qui disent vouloir s’opposer à sa réélection lors du congrès extraordinaire de son parti qui l’a investi pour être de nouveau candidat à sa propre succession.

Aucune contestation du scrutin d’avril 2016, déjà gagné, ne sera tolérée.

La menace vise principalement les associations de la société civile, en particulier la CTDDH, le CAMOJET et la jeunesse, essentiellement des élèves et étudiants, en colère qui se sont donné pour mission d’œuvrer pour l’alternance, jugeant le pouvoir autocratique d’IDI source de diverses injustices et d’inégalités inadmissibles.

A ceux-là, face à leurs critiques sévères mais légitimes pouvant provoquer de graves troubles à l’intérieur du pays, il veut déjà donner des gages qu’il sera désormais un homme nouveau, un président à l’écoute du peuple. Il souhaite que la jeunesse puisse commencer à lui faire confiance pour la suite de la présidentielle. Un premier message sur Facebook pour dénoncer un viol collectif et des instructions fermes au procureur général pour faire appliquer « la loi dans toute sa rigueur » aux auteurs « présumés coupables » dudit viol.

Des promesses jugées opportunistes et bien maigres face aux immenses attentes des Tchadiens.

L’affaire du viol de Zouhoura n’est en effet que la goûte d’eau qui a fait déverser le vase trop plein des injustices subies depuis un quart de siècle. Les Tchadiens assistent, depuis 25 ans, impuissants face au pillage systématique des deniers publics par les plus hauts responsables du pays qui bénéficient d’une insolente impunité. Pire, ils se sentent trahis dans leur confiance et insultés dans leur intelligence quand le même Idriss Déby ose se dresser fièrement devant les cameras pour dénoncer les pillages opérés par ses ministres et promettre des sanctions exemplaires mais fait exactement le contraire quelques mois plus tard. Combien d’anciens ministres et autres responsables politiques reconnus coupables de détournements manifestes de deniers publics sont encore rappelés au gouvernement ? Combiens de ministres ont pillé et pillent encore systématiquement les dotations de leurs ministères sans être inquiétés le moins du monde ?

Réélu par les urnes ou grâce aux armes (acquises massivement ces dix dernières années pour dissuader toute velléité révolutionnaire), Idriss Déby est en réalité un homme définitivement affaibli, irréversiblement diminué. Il n’est plus le puissant général et le renard politique qu’il fut. D’après plusieurs indiscrétions de ceux qui ont leur accès à la présidence de la République, le Général ne contrôle absolument plus rien.  Tel le vieux Biya du Cameroun, il est maintenu au pouvoir, les fesses scotchées au fauteuil présidentiel, par son entourage qui n’entend jamais arrêter de se repaître  allègrement, et sans la moindre once de décence, des privilèges qu’offre l’exercice ploutocratique du pouvoir.

Les 136 milliards Fcfa découverts au domicile de l’un d’entre eux, déjà accusé d’être immensément riche grâce aux produits de pillages, viennent corroborer les soupçons d’un maintien forcé d’IDI au pouvoir par des membres de sa famille élargie. Ces 136 milliards, les autorités judiciaires et du ministère des finances savaient bien qu’ils manquaient dans les caisses de l’Etat mais n’osaient pas les réclamer à son altesse sérénissime SDI. Il a fallu que le président de la République, privé des revenus pétroliers, intervienne personnellement pour les récupérer afin, dit-on, de renflouer le trésor public peinant à payer les traitements des fonctionnaires.

On comprend alors aisément pourquoi Idriss Déby se dit plus que jamais déterminé à rester au pouvoir, de gré ou de force, à vie.  Le confort financier de ses proches en dépend.

Le président choisit sa famille contre le peuple au lieu de considérer que sa famille fait partie du peuple et qu’elle n’est en rien supérieure à lui.

Le peuple averti sait à quoi s’attendre.

L’alternance n’est pas pour avril 2016. 

Non, pas encore !

L.A

Tchad | Mahamat Zène Bada à la tête du Mps ou comment Idriss Déby se moque des Tchadiens

Signalons immédiatement que Mahamat Zen Bada, le nouveau Secrétaire Général du Mouvement Patriotique du Salut, a perdu son droit de voter.

L’article 5 du Code électoral rappelle sans ambiguïté que  « ne peuvent être inscrits sur les listes électorales (principalement) les individus condamnés pour crime ».

C’est le cas de Mahamat Zen Bada définitivement condamné par la Cour criminelle de N’Djamena le 28 décembre 2012 à cinq ans de travaux forcés et dix millions Fcfa d’amende. La Cour avait en outre ordonné la confiscation de l’ensemble de ses biens au profit de l’Etat qu’il a pillé.

Une peine de réclusion criminelle que, hélas, n’efface pas la grâce présidentielle que dans sa légendaire bienveillance Idriss Déby lui a accordée en 2014.

En effet, qu’on ne s’y trompe pas : la grâce présidentielle dispense seulement un condamné d’effectuer la peine prononcée à son encontre. Elle ne fait pas disparaître la condamnation qui reste mentionnée sur le casier judiciaire.

On ne voit donc pas comment un citoyen qui a perdu son droit de vote suite à une peine de réclusion criminelle puisse moralement être désigné pour diriger le plus grand parti politique du pays.

Cette désignation n’est pas sans susciter des interrogations quant à la confiance que le peuple tchadien pourrait encore accorder à Idriss Déby lorsqu’il invoque le terme « justice » dans ses divers discours.

Après 25 ans de règne guidé exclusivement par la tromperie, l’absence de transparence et la manipulation, Idriss Déby donne de plus en plus l’impression qu’il n’a jamais été un chef d’Etat mais qu’au contraire il a toujours été un simple chef d’un clan de combinards qui n’a nullement l’intention de construire un Etat de droit mais plutôt d’instaurer délibérément du désordre pour profiter des larges privilèges qu’offre l’exercice d’un pouvoir non démocratique.

Mahamat Zène Bada ne disait-il pas, lors de son procès, « J’ai servi un régime. Je suis victime d’un système que j’ai aidé à mettre en place » ?

Il est temps pour Idriss Déby de se réveiller.  

Les Tchadiens ont cessé d’être dupes.

Le Tchad est plus que jamais au bord de la guerre civile.

Par L.A et Hangaabi

L’ours de Presse-Hangaabi

Directeur de la Publication : Mustapha B. Hattaby | Rédaction : Chroniqueurs bénévoles et Mustapha B. Hattaby