Samir Adam Annour à la tête de la Cour suprême ?

Samir Adam Annour nommé Conseiller à la Cour Suprême

Le 17 octobre, Idriss Déby a remanié le gouvernement. Dans la foulée, il a signé plusieurs décrets de nomination aux plus hautes fonctions de l’Etat pour, en quelque sorte, caser les fidèles qui ont été évincés. C’est le cas de l’ancien ministre secrétaire général du gouvernement (MSGG) qui a été nommé Conseiller à la Cour suprême, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, en remplacement de M. Abderahim Birémé Hamid qui fait son retour au gouvernement au poste de ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique.

Pour autant, Samir Adam Annour sera-t-il désigné pour être Président de la Cour suprême ? La qualité de Conseiller ne donne pas automatiquement droit aux fonctions de Président de la Cour. Encore faut-il un décret du Président de la République après avis du Président de l’Assemblée Nationale. Mais ce serait une simple formalité puisque Samir Adam Annour, quoique ne justifiant d’aucune référence crédible aux fonctions de « haut magistrat de l’ordre judiciaire » exigé par la Constitution, a déjà la confiance d’Idriss Déby. L’avis de Kabadi Haroun ne sera pas difficile à obtenir, les deux hommes appartenant au même parti et ayant collaboré dans le cadre du Ministère chargé des relations avec l’Assemblée Nationale.

L’on se souvient que dès son arrivée au gouvernement, Samir Adam Annour, ancien membre du Conseil constitutionnel, a reçu pour mission exclusive de « faire la peau » au député Saleh Kebzabo.

C’est ainsi qu’il a consacré son énergie débordante dans un seul et unique but : jeter Saleh Kebzabo en prison sans que personne n’en comprenne les raisons. Echec sur toute la ligne malgré une double tentative de levée d’immunité parlementaire, la dernière étant soutenue par le Garde des sceaux en personne.

Mais il saura sans doute prendre sa revanche maintenant qu’il est assuré d’être nommé pour très longtemps à la tête de la plus haute institution juridictionnelle de notre pays.

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Nagoum Yamassoum n’ira pas en Afrique du Sud

L’ancien Premier ministre, titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université de Bordeaux (France), vient d’être nommé à la tête du Conseil constitutionnel. Il remplace à ce poste l’indéboulonnable Houdeingar David, un ancien collègue de l’Université de N’Djamena, tête pensante du régime MPS qui préfère la discrétion au tohu-bohu médiatique des tonneaux vides qui sillonnent l’Afrique et l’Europe sans générer la moindre valeur ajoutée à la politique du régime.

Nagoum Yamassoum (NY) au Conseil constitutionnel, c’est beaucoup mieux que l’Afrique du Sud où le Sultan Idriss Déby a décidé de l’y envoyer au début du mois d’août 2013, en tant qu’ambassadeur en remplacement du mafieux  Mahamoud Adam Béchir, éclaboussé par les révélations sur l’affaire Griffith Energy.

Cette nomination en qualité d’ambassadeur avait d’ailleurs étonné les observateurs de la scène politique d’autant plus que NY a été Premier ministre de 1999 à 2002. Il n’est pas dans la tradition politique qu’un ancien chef de gouvernement soit réduit à exercer en tant que Diplomate, de surcroît s’il a déjà occupé le poste de ministre des Affaires étrangères.

Son Excellence Mahamoud Adam Béchir, démis de ses fonctions depuis le mois de février 2013,  continuera donc à jouir des avantages liés aux fonctions d’Ambassadeur en Afrique du Sud tant que le Président Idriss Déby n’aura pas décidé de nommer un nouvel Ambassadeur en lieu et place de Nagoum Yamassoum, lequel n’aurait jamais occupé ses fonctions de plénipotentiaire.

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L’ours de Presse-Hangaabi

Directeur de la Publication : Mustapha B. Hattaby | Rédaction : Chroniqueurs bénévoles et Mustapha B. Hattaby