Le ministre Sabre Fadoul découvre une « dette de 20 milliards » à la Sotel

M. Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre des Poste et NTIC, a déclaré lors d’une réunion de travail avec les responsables de Sotel-Tchad et du cabinet Sivitas que « le groupe Sotel-Tchad est en faillite depuis 2 ans » rapporte le site internet du palais rose qui précise que « selon le ministre, la Sotel traine une dette de près de 20 milliards de FCFA et chaque mois, elle perd 400 millions de nos francs« .

Voilà une de ces situations rocambolesques dont seuls les dirigeants tchadiens en ont le secret.

Comment une société comme la Sotel puisse être « en faillite depuis 2ans » sans que personne, au ministère des Finances ou des NTIC, ne s’en aperçoive avant l’arrivée de Sabre Fadoul ? Comment est-il possible qu’une société comme la Sotel « traîne une dette de près de 20 milliards Fcfa » sans que la justice, imprégnée des règles nationales de procédures collectives d’apurement du passif et celles édictées par les textes de l’Ohada, ne soit saisie aux fins de redressement ou de liquidation ?

Les Tchadiens ont le droit de savoir auprès de qui (Etat ou Banques) cette prétendue « dette » a été contractée.

Cette dette est en réalité le résultat d’un véritable détournement de deniers publics organisé par les incompétents véreux placés à la tête de cette société paraétatique pour s’en approprier les ressources de façon illicite.

Abdoulaye Sabre Fadoul, qui fut ministre de la Justice et de la moralisation, ne doit pas fermer les yeux sur cette situation qu’il vient de constater de visu. Les responsables de cette « faillite » organisée doivent pouvoir être interpellés et confiés à la Justice. Il ne doit plus y avoir de Tchadien intouchable autorisé à voler l’argent de l’Etat sous prétexte qu’il est de l’ethnie du Président Idriss Déby.  L’impunité doit définitivement cesser dans ce pays qui a la prétention, depuis quelque temps, de se positionner en donneur de leçons de démocratie et de bonne gouvernance aux Etats africains.

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Vrai-faux putsch : aucun élément de preuve sérieux

Le site internet Tchadanthropus publie en exclusivité les documents saisis chez Moussa Tao Mahamat et sur lesquels sont mentionnés les noms des personnes soupçonnées de faire partie du soi-disant groupuscule qui aurait conspiré contre le régime.

Si les noms de Weidding Assi Assoué, Saleh Macky, Khalil Alyo, Mahamat Malloum Kadre, Ngomine Béadmaji et Amadou Ahidjo Ngaro figurent effectivement sur cette liste, on n’y relève en revanche ni  le nom de Routouang Yoma Golom, ni celui de Gali Ngoté Gatta moins encore celui de Saleh Kebzabo.

D’autres personnalités comme Brahim Malloum, Annour Ibet, Mahamat Taher Kherallah, Bourkou Louise sont citées sur la fameuse liste sans qu’il soit possible à l’heure actuelle de déterminer si elles ont été interpellées ou non, sachant sans doute que certains d’entre eux, comme Bourkou Louise par exemple, vivent à l’étranger.

En outre, bien que la liste soit manuscrite, on ne relève aucune signature (écriture) des personnes dont les noms y figurent. La question se pose donc de savoir s’il est légal d’inculper une personne sur la base d’un simple document sur lequel figure son nom sans autre précision de sa participation à la commission de l’infraction dont elle aurait été l’auteur ou le complice ?

Au final, les éléments à charge brandis par le procureur étant tellement minces, voire inexistants, les arguties sur le complot et la conspiration ne tiennent plus. Les personnes incarcérées doivent être remises en liberté immédiatement si le Tchad est une vraie « démocratie » comme le crie haut et fort Idriss Déby Itno.

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Voir les fameux documents permettant la traque des citoyens tchadiens

Tchad : une bien curieuse « conspiration »

Idriss Déby a convoqué ce matin toute la classe politique et la société civile pour une « communication » sur les multiples arrestations sur fond d’accusation de complot et de tentative de coup d’Etat manqué opérées avec brutalité depuis le 1er mai dernier. Les responsables des partis de la CPDC et Yorongar Ngarléjy ont courageusement refusé de participer à cette mascarade.

Qu’à cela ne tienne, devant des sous-fifres qui se sont massivement déplacés au palais présidentiel où ils se sont entassés comme des sardines, Idriss Déby a longuement vociféré contre l’opposition et les journalistes dans une intention manifeste d’intimider.

A en croire celui qui assume désormais sans complexe son statut de despote patenté, un « groupuscule a voulu mettre à mal les institutions de la République ». Il ne cite néanmoins le moindre nom d’un de ceux qui font partie de ce groupuscule. Et dans cette affreuse tentative de diversion, il fait mine de s’interroger : « Pourquoi, c’est à ce moment précis où le pays a besoin de sortir de la pauvreté qu’on a préféré revenir en arrière ? Pourquoi au moment où nous nous sommes engagés pour faire du Tchad un pays émergent qu’une poignée de nos compatriotes a voulu créer de désordre dans le pays ? Pourquoi ? »

Puis, se contredisant platement juste après, Idriss Déby affirme devant le parterre d’ouailles médusées et silencieuses que, ce qui est reproché au prétendu groupuscule, « ce n’est pas un coup d’Etat. C’est une conspiration à l’image des printemps arabes » car, selon le despote, « un coup d’Etat on le fait avec des armes et l’armée. Or, je n’ai pas vu un seul homme armé qui conspirait avec ce groupe ».

Trop vague comme explication. Il ne précise ni le mode opératoire de la prétendue conspiration ni le mobile de ceux qui l’auraient planifiée.

Mais alors, si Déby n’a pas vu un seul homme armé qui conspirait avec ce groupe, pourquoi des paisibles citoyens ont été massacrés, puisque l’on sait dorénavant qu’il y a eu plusieurs dizaines de morts le 1er mai ? Et pourquoi a-t-il ordonné à ses sbires interpeller puis de placer en détention toutes ces personnes qui clament haut et fort leur innocence depuis une semaine ?

Et dire qu’après un tel aveu, Idriss Déby a pu oser soutenir ceci : « nous sommes le seul pays à avoir un cadre de dialogue politique qui n’existe nulle part pour renforcer la démocratie. Il faut se dire qu’il n’y a pas une école où on apprend la démocratie. C’est une valeur essentielle pour laquelle il faut croire ou ne pas croire » ?

Le machin-chose appelé « cadre de dialogue politique » dont il parle ne pourrait exister qu’au Tchad parce qu’aucun autre pays n’en veut. Car lorsque le fonctionnement normal de la démocratie aboutit à l’alternance politique, il n’est pas besoin d’user d’expédients pour tromper la vigilance des populations.

La démocratie, c’est le pouvoir du peuple qui choisit librement et dans la transparence ses dirigeants. Lorsqu’un régime politique essaie par tout moyen de voler au peuple son droit de vote pour obstruer ensuite toutes les voies de changement, il ne peut que procéder par intimidation et subterfuge pour éviter justement « les printemps arabes » qui ne sont rien d’autre que l’expression collective du rejet d’une classe politique incompétente et maffieuse.

Si Déby a peur d’un « printemps arabe », c’est qu’il est parfaitement conscient qu’il n’y a aucune démocratie au Tchad. S’il veut encore sauver la face dans cette histoire abracadabrantesque de « conspiration sans armes », il doit ordonner la remise en liberté immédiate des paisibles citoyens arbitrairement incarcérés.

Il est inadmissible d’abuser de son pouvoir en humiliant chaque jour les gens dans le seul et unique but de satisfaire un insatiable penchant tyrannique.

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Palais rose: http://presidencetchad.org/affichage_news.php?id=606&titre=%20Lire%20article

L’ours de Presse-Hangaabi

Directeur de la Publication : Mustapha B. Hattaby | Rédaction : Chroniqueurs bénévoles et Mustapha B. Hattaby